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50 ans

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James Altucher
Ecrit par James Altucher

Depuis quelques semaines, de nombreuses personnes me disent, « Ne t’inquiète pas. C’est juste un nombre. » Oui, un nombre, le nombre « 50 ». Aujourd’hui j’ai 50 ans.

L’année dernière, j’ai écrit un article que j’avais intitulé « 49 ans » et qui traitait de tout ce que j’avais appris à « 48 ans ».

Lorsque j’ai eu 49 ans, tout a changé dans ma vie.

Après avoir été minimaliste, sans appartement et avec seulement 15 objets en ma possession, je suis devenu locataire d’un appartement et propriétaire de meubles (même si je n’ai dépensé que le minimum).

J’ai acheté une partie d’un club de spectacles comiques (Standup NY) et j’ai commencé à me produire 3 à 6 fois par semaine dans tous les clubs de la ville, et même du pays (merci « Laugh Factory » à Chicago de m’avoir mis dans la lumière).

J’ai vendu une société, mais j’ai continué à y travailler et je l’ai regardée évoluer et prendre de l’ampleur.

J’ai investi dans des entreprises qui sauveront des vies, un de mes enfants a intégré l’UNIVERSITÉ (Waouh!!). Il y a également eu d’autres choses, mais je suis trop timide pour vous les dévoiler.

J’ai créé un organisme de bienfaisance, j’ai écrit un scénario, j’ai développé des produits dont je suis fier, je prodigue mes conseils dans une émission de télévision, j’ai co-produit une autre émission (restez à l’écoute), j’ai multiplié l’audience de mon podcast par trois, je me suis fait de nouveaux amis.

Je me soucie moins des « likes« , de ceux qui me détestent ou de plaire à tout le monde. (En fait, parfois je m’en soucie trop mais j’essaie de mieux faire. Je dois bien avouer que l’autre nuit je me suis mis à pleurer en pensant à un tweet haineux qui avait été posté à mon encontre).

Aucun des objectifs que je m’étais fixés à 49 ans n’a été atteint. Rien ne s’est produit. Rien ne ressemble à ce que j’avais imaginé.

Donc :

JE SUIS LÀ OÙ L’ON S’AMUSE

Cette maxime est importante dans tous les domaines de ma vie.

Un exemple : cette année, le spectacle comique est devenu mon obsession.

Cela fait trente ans que j’aime la comédie, mais j’ai toujours eu peur de me produire sur scène. Je suis monté sur scène pour la première fois il y a deux ans.

Mais l’année dernière, grâce à Dani Zoldan et au Standup NY, j’ai pu me produire aux quatre coins de NYC et ailleurs entre 3 et 6 fois par semaine.

Est-ce que mes prestations ont été bonnes ? Je l’espère. Un peu. Assez. Les gens rient.

Est-ce que je me suis amélioré ? Oui ! Après avoir assisté à des spectacles comiques dans des salles ou les avoir regardés à la télévision pendant 30 ans, j’ai compris toutes les micro-compétences et les subtilités que cela impliquait et dont je n’avais aucune idée.

L’amabilité, le travail au milieu de la foule, le contrôle du public, le fait de savoir organiser une blague, de raconter une histoire en concoctant une bonne chute, de savoir gérer les personnes qui chahutent ou les moments de silence, de savoir animer, le travail sur scène, savoir tourner en rond, la psychologie, savoir gérer mes propres peurs.

Après être entré sur scène des centaines de fois et après avoir regardé plus de comédiens que jamais, j’ai appris une chose capitale :

« Je suis là où l’on s’amuse. »

Le public est comme une machine à rayons X, il voit si je suis nerveux ou si j’ai peur et est prêt à bondir.

Mais si je SAIS que je suis au bon endroit pour m’éclater, alors je SAIS que je vais m’éclater. J’invite toujours le public à se joindre à moi.

Je me fais rire, je me surprends, je m’amuse. Et le public est toujours invité à faire de même.

Est-ce que cela fonctionne dans d’autres situations ?

Oui. Essayez de prononcer cette phrase la prochaine fois que vous vous sentirez nerveux.

APPRENDRE TOUT DE TOUT LE MONDE

Sur les conseils de Tim Ferris, je suis passé d’un podcast par semaine à trois.

Cela veut donc dire beaucoup plus de préparation ! Argh !

Je me sens si privilégié d’avoir appris de ceux qui ont tant réussi. Par exemple, je joue aux échecs depuis que je suis tout petit. J’ai joué avec Garry Kasparov, l’ex-champion du monde.

J’ai appris de Ray Dalio, le plus important gestionnaire de fonds spéculatifs au monde, de Sara Blakely, l’une des femmes d’affaires les plus créatives au monde, de Richard Branson, mon héros depuis 20 ans, d’Erika Ender, nommée aux Grammy pour Despacito et qui a environ 7 milliards de vues sur YouTube. Et de tellement d’autres que j’aime et respecte.

Je voulais apprendre à leur contact. Connaître leur secret si bien gardé.

Et, en cachette, je veux être le meilleur ami parmi tous ceux qui apparaissent sur mon podcast.

LA RÉUSSITE FINANCIÈRE EST DIRECTEMENT LIÉE AUX PERSONNES AVEC QUI NOUS TRAVAILLONS

Je travaille dans de nombreuses entreprises différentes. Pour une raison que je ne m’explique pas, cette année, la plus grande partie de ma vie professionnelle a été couronnée de succès.

Qu’il s’agisse de mes affaires, de mes investissements ou de choses avec lesquelles je suis indirectement lié, je n’ai travaillé QU’avec des personnes que j’aimais bien côtoyer.

Si je compare avec ce qui s’est passé depuis 30 ans, c’est la seule différence que j’ai pu observer.

Si vous fréquentez une seule personne toxique, vous devrez compenser avec 100 personnes non toxiques. Donc, il vaut mieux ne fréquenter AUCUNE personne toxique.

LA RÉUSSITE EN AMOUR EST DIRECTEMENT LIÉE À LA QUALITÉ DE MES AMIS

C’est lorsque vous achetez une Honda Civic que vous voyez plein d’autres Honda Civic autour de vous.

C’est ce que l’on appelle le test du « gorille invisible » (ou cécité d’inattention) :

Un enseignant a fait visionner à ses élèves une partie de basketball et leur a demandé de compter les points.

100 % des étudiants ont trouvé le bon résultat mais n’ont pas remarqué qu’un homme déguisé en gorille passait sur le terrain.

Nous sommes tous des animaux stupides, au fond. Nous ne voyons que ce que nous essayons de voir et nous n’entendons que ce que nous essayons d’entendre.

LEҪON : ce que vous pensez, ce que vous ressentez, ce que vous faites, c’est ce que vous voyez, ce que vous entendez et ce que vous attirez.

Si vous ressentez de la douleur, de l’insécurité, de la peur, et bien vous verrez, entendrez et attirerez toutes les choses qui vous maintiendront dans cet état de crainte.

Si vous êtes généreux, aimant et bienveillant, vous remarquerez que les opportunités seront foisonnantes, complaisantes et favorables.

Ce n’est pas la loi de l’attraction, il s’agit de la façon dont l’amour fonctionne.

META-CRÉATIVITÉ

J’écris toujours la même chose. « Je me suis retrouvé à sec, j’ai été suicidaire, mais voilà comment je m’en suis sorti. »

Et c’est très bien ainsi. J’aime raconter cette histoire de 1 000 façons différentes. À chaque fois j’apprends quelque chose de nouveau.

Cette année, j’avais de grands projets d’écriture, mais je n’ai pas réussi quoi que ce soit.

Pour la première année depuis 2004, je n’ai pas publié de livre.

Au lieu de cela, j’ai continué à écrire. Mais je me suis également produit en public, j’ai écrit des scénarios, je suis conseiller dans une émission de télévision bien connue (je vous en dirai plus dans quelques mois), je suis revenu à l’écriture, davantage pour des raisons financières.

J’ai encore coché la case : suis-je créatif chaque jour ?

Mais je me suis autorisé à utiliser et jouer avec tous les moyens mis à ma disposition pour être créatif. Et je me suis autorisé à échouer.

Énormément.

La perfection est l’ennemi de l’apprentissage. Et il ne fait aucun doute que j’avais beaucoup à apprendre.

META-APPRENTISSAGE

Je ne voulais pas passer 10 000 heures à apprendre comment être un bon humoriste, ou 10 000 heures à savoir comment faire avec les nouvelles entreprises dans lesquelles j’ai investi cette année. Je suis trop vieux !

J’ai donc passé beaucoup de temps à « pirater » la règle des 10 000 heures. Et voici ce qui a été le plus fructueux : passer beaucoup de temps avec des personnes qui « étaient là » et qui « avaient fait ça ».

Sans oublier de comparer avec le fait de NE PAS passer de temps avec des professionnels aguerris.

Est-ce que j’apprendrai plus vite ?

Lorsque vous êtes avec des gens qui ont acquis les 100 micro-compétences nécessaires pour apprendre quelque chose de difficile, vous êtes comme une éponge, vous absorbez autant de connaissances que possible.

C’est le côté positif d’avoir un podcast qui a du succès et de fréquenter des personnes géniales.

SE CHOISIR SOI-MÊME N’A RIEN À VOIR AVEC L’ENTREPRENEURIAT

Il est DIFFICILE de monter une entreprise et de la faire tourner. Personne n’est réellement fait pour ça ; quant à moi, je ne le sais même pas.

Mais la meilleure et la plus belle forme d’apprentissage consiste à combiner les choses en partant de vos différentes activités.

Je peux tirer parti de certaines choses : j’apprends d’une entreprise ou d’une activité, je l’utilise pour une autre entreprise, et le succès est généralement au rendez-vous. Et j’apprends à m’améliorer encore et toujours grâce à « l’accouplement des idées ».

Un exemple : j’ai acheté une agence de publicité qui fait des vidéos virales et fait appel à des comédiens. J’ai connu cette agence via le Comedy Club que j’ai acheté, j’ai fait appel à elle pour d’autres investissements.

L’agence a fait des publicités pour ces investissements et s’est développée ; les entreprises aussi, les comédiens qui jouaient dans les publicités étaient plus heureux. La situation s’est améliorée pour tout le monde.

Comment mieux faire en combinant les choses ? En vous choisissant vous-même et personne d’autre : en vous assurant qu’aucun « gardien » ne contrôle votre message.

Si vous souhaitez publier un livre, n’attendez pas d’obtenir l’approbation de l’assistant de l’éditeur d’une société d’édition bas de gamme.

Si vous voulez faire une émission de télévision, tournez-la vous-même.

Si vous voulez monter une entreprise : apportez de la valeur à une entreprise existante et profitez des retombées, des bénéfices.

Si je sens que quelque chose va me « faire me choisir », si je sens que je vais devoir être approuvé par quelqu’un d’autre, j’essaie de me débrouiller.

Cela nécessite de l’énergie.

C’est pourquoi je devais m’assurer que je respectais ma propre pratique quotidienne et que je prenais soin de moi. Physiquement, émotionnellement, spirituellement et au niveau de la créativité.

Ce sont les seules choses qui comptent.

Aucune somme d’argent ne peut vous racheter.

80/20

Il ne s’agit pas de la sacro-sainte règle des 80/20, mais de quelque chose de différent.

Faites ce que vous aimez 80% du temps, et pas de problème si ce n’est pas le cas 20 % du temps.

La vente est une activité que je n’apprécie pas.

Vous voyez sur Internet toutes ces publicités pour le Bitcoin dans lesquelles j’apparais ? Lorsque je me vois dans ces publicités, je me déteste.

Mais je crois en plusieurs choses : les crypto-monnaies sont là pour durer et elles représentent une véritable secousse tectonique pour l’économie.

Je pense également que personne ne sait ce qu’elles sont réellement, excepté quelques crypto-spécialistes de la Silicon Valley.

C’est pourquoi je voulais informer les gens, les aider à éviter les milliers d’arnaques, les aider à gagner de l’argent. J’ai créé un service avec une équipe d’analystes et un portefeuille solide que je partage avec les abonnés qui investissent avec nous.

J’avais besoin de beaucoup de monde (BEAUCOUP de personnes précieuses) pour m’aider à toucher le plus grand nombre de lecteurs.

Alors, en contrepartie, il faut vendre, et cela nécessite une bonne dose de labeur, de dur labeur. J’ai écrit un livre, j’ai fait de nombreuses vidéos et j’ai travaillé avec des personnes de grande valeur pour offrir un produit de qualité.

Une minorité me déteste, et elle se fait entendre. J’ai reçu des menaces de mort, j’ai fait face à des injures antisémites, des choses horribles. Mais la plupart des retours ont été positifs.

La clé, c’est d’être…

FONDAMENTALEMENT INTÈGRE

J’aime une personne. Lorsqu’elle dit quelque chose qui me dérange, j’essaie immédiatement de répondre : « Je n’aime pas ça ».

Je ne le fais pas toujours. Et ensuite je me sens mal. Elle m’a dit ce qu’elle ressentait mais je n’ai pas eu la possibilité de faire de même.

Ce n’est pas prendre soin de soi.

C’est la même chose dans les relations professionnelles.

Ou dans la relation entre le comédien sur scène et le public.

Cela ne veut pas dire que tout le monde doit être d’accord avec moi. Pas de problème si des personnes ne sont pas du même avis que moi, mais au moins tout est dit et chacun peut décider de ce qui va se passer ensuite.

Nous n’avons qu’une vie pour dire les choses telles qu’on les ressent, en étant totalement honnêtes. Construire une base. Être honnête.

Voilà ce que j’ai appris à 49 ans. Et je pense que je n’ai jamais été aussi heureux qu’aujourd’hui.

Peut-être que dans un an vous me retrouverez dans le caniveau, sous la pluie, à trois heures du matin, avec une aiguille dans le bras.

Si vous me voyez, je vous en prie aidez-moi. Merci d’avance.

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James Altucher

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