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Cinq choses dont je refuse de me soucier en 2018

ne pas me soucier en 2018
James Altucher
Ecrit par James Altucher

« C’est vraiment idiot », m’a récemment dit l’un de mes meilleurs amis parce que je me sentais malade, mais que je n’étais pas allé voir de médecin depuis mes 18 ans.

Dans un mois, j’aurai 50 ans.

La dernière fois que j’ai consulté un docteur, c’était avant d’entrer à l’université. Je ne sais même pas ce que font les médecins aujourd’hui.

« Tu es peut-être hypocondriaque, m’a suggéré une autre amie. Tu as peut-être tellement peur d’être malade que tu refuses de faire un bilan. »

Par conséquent, je ne sais pas si je devrais consulter un médecin ou avoir encore plus peur. Il m’arrive parfois d’être constamment effrayé.

« Tu dois emménager dans ton propre appartement, a ajouté cette amie. C’est un peu bizarre de passer d’un Airbnb à l’autre. »

J’ai finalement sauté le pas il y a quelques mois. J’avais peur de le faire. Je ne sais pas pourquoi. Je n’aime pas m’acheter des choses.

Je n’aime pas non plus m’enraciner, me fixer à un endroit. Il m’arrive généralement des malheurs dans ces cas-là.

Pourtant, je l’ai fait, parce que je ne voulais pas avoir l’air « bizarre ».

Cela a vraiment été difficile. Je n’avais jamais eu de carte de crédit, donc je n’avais pas d’historique ni de score de crédit (spécifique aux États-Unis). Par conséquent, personne ne voulait me louer d’appartement.

Par ailleurs, je n’avais aucun meuble. Je possédais seulement un sac avec deux tenues, une brosse à dents et un ordinateur.

À 49 ans, je n’avais jamais vécu seul dans mon propre appartement.

« Tu vas retrouver de la stabilité, m’a dit mon amie. Tu n’as pas idée à quel point cela va te faire du bien. »

Elle a raison : c’est incroyable.

J’ai l’impression d’être un ado de 14 ans, avec le visage couvert d’acné et un appareil dentaire, qui n’ose pas parler aux gens et qui prie pour qu’on l’apprécie.

Je supplie mes enfants de m’aimer. J’essaie parfois de frimer rien que pour eux.

Je veux plaire aux autres en toutes circonstances. Comme je ne veux décevoir personne, je fais des promesses et réponds « oui » à des choses que je ne suis pas capable d’accomplir. Du coup, je déçois les gens.

On peut se demander si je suis bien le type qui a écrit Le pouvoir de dire non.

Mais c’est le cas.

Je ne peux pas prédire de quoi 2018 sera fait. L’année dernière s’est révélée complètement différente de ce que j’imaginais.

Toutefois, je crois que je suis sur la bonne voie – du moins, je l’espère.

Voici les choses dont je ne veux pas me soucier en 2018.

Que la Force éloigne ces préoccupations de moi !

L’ARGENT

Nous avons besoin d’argent pour payer nos factures, je sais. Nous avons besoin d’argent pour aider notre famille. Nous avons besoin de stabilité.

Je sais, je sais. Toute ma vie, je me suis inquiété pour des questions d’argent. Toutes ces fichues années. J’en ai vraiment ras-le-bol.

Mes parents se sont retrouvés fauchés et j’ai dû payer mes études supérieures jusqu’au dernier centime.

J’ai emménagé à New York avec pour tout bagage un vieux sac contenant une ou deux tenues et j’ai vécu dans un studio avec un colocataire.

Mais m’en faire pour des questions d’argent ne m’a jamais aidé à en gagner.

Une SEULE chose m’a rapporté de l’argent : trouver la solution au problème de quelqu’un, lui faire part de ma capacité à résoudre ce problème à sa place et être rémunéré pour le faire.

Regardez autour de vous. Vos amis, vos collègues, votre chef, les autres entreprises. Tout le monde a besoin d’aide à un moment ou à un autre.

Si vous vous trouvez au bon endroit au bon moment, certaines de ces personnes vous paieront pour les aider à résoudre un problème. Pas toujours (cela évite les déceptions), mais quelquefois.

Bon endroit, bon moment, bonne solution, bonne communication, bonne exécution, bonne rémunération. Et on recommence.

C’est ainsi que les affaires fonctionnent. Cela assure des revenus réguliers et permet de gagner plus par la suite.

C’est un stress que l’on ressent TOUS LES JOURS – le stress de gagner sa vie. Mais cela ne doit pas devenir une source d’inquiétude. Quand je me fais du souci à ce sujet, je regarde autour de moi, je cherche un problème à résoudre, j’en parle, je fais mon travail et je suis rémunéré.

LA POLITIQUE

Je ne m’intéresse pas du tout à la politique. Cela fait plus d’un an que Trump a été élu : au total, UN SEUL projet de loi qu’il a présenté a été accepté par le Congrès et il a mis ZÉRO veto. Il ne fait strictement rien. À ma connaissance, sa seule proposition de loi (la réforme fiscale) n’aura aucune incidence.

La SEULE chose qu’il a réussi à faire, c’est attiser la haine qu’une moitié du pays voue à l’autre. BRAVO !

Pas question que je me fasse avoir.

Le seul moyen de changer les choses est que VOUS et MOI AGISSIONS. Se disputer n’avance à rien.

On a tous des questions ou des problèmes qui nous préoccupent plus que d’autres. Néanmoins, aucun candidat ne proposera une solution à tous vos problèmes et ne sera parfaitement d’accord avec vous sur tous les points.

J’ai deux enfants de 18 et 15 ans. Naïvement, il me semble que le seul objectif de la guerre est d’envoyer des adolescents en tuer d’autres à l’étranger.

Je n’ai jamais vu de sénateur aller au combat. Ou de « leader suprême ». Ni même de roi.

C’est là mon principal problème.

Des gamins qui en tuent d’autres. Des personnes qui en tuent d’autres au nom de la haine.

Cela m’est assez égal si tout explose. Simplement, je ne veux pas qu’on envoie mes enfants au front. J’aurais préféré que nous ne participions à aucune des guerres que nous avons menées, et je ne comprends pas pourquoi nous restons impliqués dans ces conflits (et pourquoi un tiers de mes impôts passe là-dedans).

Appelez cela de la naïveté si vous le voulez, mais c’est ce que je ressens.

L’OPINION DES AUTRES

Mon Dieu, faites en sorte que je ne me plie pas aux désirs d’autrui.

C’est une bonne chose d’écouter les avis extérieurs, de divertir les autres et de leur faire plaisir. Ce n’est pas non plus un problème d’évaluer ses progrès à l’applaudimètre.

Mais prenez garde à ne jamais rester coincé là où tout le monde veut que vous soyez.

Les autres veulent nous mettre dans une case. C’est quelque chose dont je dois me souvenir. Je suis le seul à pouvoir décider de là où je veux être.

Je ne dois jamais confier mon amour-propre aux autres.

Toute personne douée de créativité désire ardemment s’améliorer dans ce qu’elle fait et mettra tout en œuvre pour y parvenir.

Elle perçoit les nuances et la beauté des réalisations des maîtres qui l’ont précédée.

Je veux voir ces nuances dans ce que je fais au quotidien, qu’il s’agisse d’écriture, de podcast, de comédie, de ma carrière – en bref, dans tous les domaines dans lesquels j’essaie d’être créatif.

Mais il y aura toujours des gens qui vous détesteront. Ce sont les personnes les plus proches dont il faut se méfier. Elles vous détesteront, vous décevront ou vous écraseront par accident. Ou bien elles vous rendront si triste par mégarde que vous ne saurez plus comment renouer avec votre créativité.

Ce ne sera jamais le voisin qui vit de l’autre côté de la rue qui vous blessera. Ce sera toujours l’ami que vous invitez chez vous.

Se plier aux désirs de vos proches ou à ceux du public est l’ennemi no 1 de la créativité.

Ils creusent un trou, vous mettent dans un cercueil et vous enterrent, mais seulement si vous vous pliez à leurs exigences.

Si vous vous libérez du carcan dans lequel ils vous ont enfermé, vous risquez de les mettre en colère, de les décevoir ou de les effrayer. Ils n’ont aucune envie que vous vous en échappiez.

C’est pourtant la seule manière de vivre.

L’AVENIR

Il est si facile de remettre en question le présent dans l’espoir d’un avenir meilleur.

De se dire : si seulement il ou elle était comme CELA, alors je serais HEUREUX.

Ou bien : si seulement je possédais cette somme d’argent, j’aurais RÉUSSI ma vie.

Si seulement mes efforts portaient leurs fruits, je serais LÀ OÙ JE VEUX ÊTRE.

Pourtant, nos âmes ne jouissent de toute la beauté de la vie que lorsqu’elles se nourrissent pleinement de l’instant présent. Beurk, c’est très cliché.

Conseiller « de vivre le moment présent », ce n’est pas mieux…

Comment puis-je formuler cela autrement ?

Hmm…

De quoi suis-je reconnaissant en cet instant précis ?

Bon, c’est aussi un cliché.

Nous sommes insignifiants, un point minuscule perdu dans l’univers ? Cliché.

Je ne sais pas, je ne sais pas. Je ne veux pas m’en soucier, un point c’est tout.

PLAIRE AUX AUTRES

Chaque jour, j’ai l’impression de décevoir quelqu’un. Je ne le fais pas exprès, mais ça arrive.

J’en suis navré.

Je suis désolé de ne pas pouvoir tenir toutes mes promesses. Je suis désolé de vous avoir laissé tomber. Ce sont des choses qui arrivent. Nous pouvons essayer d’y remédier, ou pas. Mais je ne peux plus m’en soucier.

Je fais de mon mieux, il faut me croire.

J’adore faire ce que j’aime, quel que soit le bénéfice personnel que j’en retire.

Faire des podcasts ne me rapporte rien. Écrire ne me rapporte rien. Pratiquement aucune de mes activités ne me rapporte quoi que ce soit, à part des contrariétés si je ne fais rien pour m’y opposer.

L’année dernière, j’ai commencé à faire des one-man-shows, jusqu’à six soirs par semaine. C’est quelque chose que j’ai toujours adoré et décortiqué, mais aujourd’hui, j’essaie d’être un bon humoriste. J’ESSAIE. C’est si DUR. ARGH !

Les retours sont vraiment directs et brutaux.

Je monte sur scène et je parle, mais les personnes dans la salle ne réagissent pas forcément comme je l’aurais voulu. Peut-être qu’elles ne m’aiment pas, qu’elles ne me comprennent pas ou que ça ne les intéresse pas. Peut-être qu’elles sont fatiguées ou ivres.

Je suis peut-être juste mauvais.

J’enregistre chaque spectacle et je regarde la vidéo après. J’écris davantage. J’étudie. Je discute avec des humoristes. J’essaie d’apprendre. Chaque fois que je monte sur scène, mon objectif est d’être meilleur que la fois précédente.

Nous verrons bien.

Cet exemple illustre bien toutes les fois où je m’efforce de plaire aux autres.

Mon NOUVEAU mantra pour la comédie, mais aussi celui que je compte appliquer à mes passages à la télé, aux réunions auxquelles je dois assister, aux moments entre amis, en famille, en couple ou avec des collègues sera le suivant :

LA FÊTE A LIEU LÀ OÙ JE SUIS.

Et quiconque souhaitant me rejoindre est le bienvenu.

Ce sont donc les choses dont je vais essayer de ne pas me soucier en 2018 (s’il vous plaît).

A propos de l'auteur

James Altucher

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