Patrimoine & finance

Investissez dans un cheptel

Ecrit par Maya Dujardin

J’ai récemment fait une découverte originale dont j’ai envie de vous parler : il existe un dispositif qui permet d’investir dans une vache (ou plusieurs) si vous cherchez un moyen de diversifier votre patrimoine. Intrigant, n’est-ce pas ? J’ai donc interrogé Pierre Marguerit, secrétaire général de l’AFIC (Association française d’investissement en cheptel) pour en savoir plus.

Puce Investir dans un cheptel : le principe
Vous décidez d’acheter une ou plusieurs vache(s) laitière(s). L’AFIC fait le lien entre les investisseurs (et donc futurs propriétaires des vaches) et la société Elevage et Patrimoine, en charge de la régie financière des dossiers. Les troupeaux sont placés en location chez les éleveurs, qui les bichonnent.

Le rendement ? Le propriétaire perçoit chaque année, une fois que tous les frais ont été payés, environ 4,5% de son cheptel « en nature ».

Si vous avez 100 vaches, vous en aurez donc environ 4 de plus chaque année.

« Ce pourcentage correspond à des têtes de bétail, précise Pierre Marguerit. En équivalence monétaire, le rendement se situe autour de 3,60%. »

Deux solutions s’offrent alors à l’investisseur :

  • mettre en vente, chaque année, les génisses devenues adultes. Une, deux, trois, quatre… Le nombre varie en fonction de l’investissement de départ ;
  • réinvestir en choisissant l’option « croissance du troupeau ». « Les jeunes génisses viennent alors s’additionner au troupeau de base, ajoute Pierre Marguerit. Avec l’hypothèse d’un taux moyen de croissance de 4,2% par an, le troupeau double en 19 ans. »

Une vache est achetée 1 530 euros (le prix varie d’année en année et il a, par exemple, baissé de 100 euros début 2016, en raison de la crise du lait).

La fiscalité est, quant à elle, intéressante puisqu’il s’agit de revenus agricoles. « Il est possible d’amortir les sommes investies au départ, ce qui fait que la fiscalité est assez légère pendant une douzaine d’années », nous informe Pierre Marguerit.

Puce Les motivations éthiques et financières
Choisir cet investissement dépasse les seules motivations financières. « Il peut s’agir d’un retour aux sources, pour ceux qui avaient des grands-parents ou des parents qui vivaient à la campagne, souligne Pierre Marguerit. De plus en plus de personnes montrent un réel intérêt pour leurs racines. »

Investir dans un cheptel est aussi un bon moyen de soutenir les éleveurs. « Ils se trouvent en effet dans une situation de concurrence exacerbée, avec la fin des quotas et il est important de les aider », confie Pierre Marguerit.

Il s’agit évidemment aussi de diversifier son patrimoine, en faisant un investissement qui rapporte. Un placement peu volatil, dans un secteur d’avenir. « On sait qu’il va y avoir un problème de manque de nourriture pour la population mondiale qui ne cesse de croître, annoncePierre Marguerit. Investir dans les productions agricoles prend tout son sens. Il s’agit de placer son argent dans un bien producteur de richesses, qui peut traverser toutes les crises. On aura toujours besoin de lait et de viande ! »

Puce Les garanties : assurance et mutualisation
Rassurez-vous, si « votre » vache venait à mourir, votre placement ne serait pas anéanti du jour au lendemain. En effet, l’éleveur a l’obligation de prendre une assurance (qu’il finance en vendant des mâles du cheptel), dont le but est de remplacer tout animal venant à disparaître en raison d’une épidémie ou d’un accident par exemple.

De plus, le dispositif repose sur un système de mutualisation. « S’il y a un problème sur une vache, il est réparti sur les 18 000 autres et non directement sur une seule, explique Pierre Marguerit. Par exemple, si un jeune de 30 ans achète 2 vaches pour débuter, et que l’une avorte et l’autre donne naissance à un mâle, il n’aura rien gagné du tout. Pour lutter contre cela, tous les résultats sont mis en commun, de manière à garantir à chacun sa quote-part. C’est un genre d’auto-assurance. »

Puce Les conseils avant de se lancer
Si l’idée d’investir dans un cheptel vous plaît, vous pouvez laisser vos coordonnées sur le site de l’AFIC afin de recevoir toutes les informations utiles.

Pierre Marguerit conseille également deux lectures « très pertinentes, sur l’évolution de notre société » :

  • Les Agriculteurs à la reconquête du monde, de Maximilien Rouer et de Hubert Garaud.
  • Sacrée croissance ! de Marie-Monique Robin.

Et, sachez que, si un jour vous voulez visiter une des fermes, cela peut s’organiser !

Mais, vous ne verrez pas « votre » vache, car vous l’aurez compris, le principe n’est pas d’acheter Huguette, Carmine ou Gentille, mais une vache faisant partie d’un troupeau global de 30 000 têtes, dont 18 000 adultes. « A la limite, si vous êtes propriétaire de 10 vaches, dites-vous que vous possédez les 10/18 000e des vaches présentes », conclut Pierre Marguerit.

Une belle manière de voir les choses. Et une idée intéressante de placement, n’est-ce pas ?

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Maya Dujardin

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