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La règle des 5/25 pour apprendre à dire non

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James Altucher
Ecrit par James Altucher

Lorsque j’avais 12 ans, j’étais obsédé par un livre qui se trouvait dans la bibliothèque de mes parents, Don’t Say Yes When You Want to Say No (Ne dites pas oui alors que vous voulez dire non, NDLR), un livre de psychologie de comptoir, datant des années 1970, et qui parlait de sexe.

Je feignais être malade pour éviter l’école et pouvoir rester à lire et relire ce livre. J’étais fasciné par les histoires qu’il racontait.

Il est dommage que je n’en ai pas tiré de leçons.

Oui n°1 :

Honnêtement, j’aurais aimé ne jamais avoir créé mon entreprise.

Voici ce que cela m’a apporté :

• Mes associés (une de mes sœurs et mon beau-frère) ne me parlent plus.

• J’ai perdu tout l’argent que j’avais gagné avec cette entreprise.

• J’ai abandonné mon rêve de créer un show télévisé. J’étais au beau milieu de l’écriture de deux shows pour la chaîne HBO à l’époque où j’ai tout quitté pour lancer ma propre entreprise.

• J’ai abandonné mon rêve d’écrire un roman.

• J’ai arrêté de dormir entre 1995 et 2010. Quinze années sans sommeil, ou très peu. Mon cerveau en est sorti irrémédiablement endommagé.

Avec cette première entreprise j’ai appris la peur, la haine, l’angoisse, le stress et la pauvreté. Si seulement je n’avais pas dit « oui » pour la créer.

Oui n°2 :

J’aurais aimé ne jamais avoir travaillé dans le secteur financier. J’ai géré un hedge fund pendant plusieurs années. Cela ne m’a pas rapporté grand chose, mais j’ai beaucoup appris sur les affaires.

Mais j’ai également renoncé à faire ce pour quoi j’étais doué : construire des sites web.

Après deux années de day-trading avec de bons résultats, j’ai lancé mon premier fonds en 2003.

J’ai lu 200 livres sur la finance, j’ai développé un logiciel de modélisation des marchés, j’ai réseauté avec d’autres gestionnaires de hedge fund, puis j’ai commencé à écrire des articles sur la finance.

Je suis réellement devenu expert dans l’ensemble des domaines du trading et de la bourse.

Et vous savez quoi ? … Wall Street, c’est que des conneries et une belle arnaque. Rares sont ceux que je ne méprise pas dans ce secteur.

Lorsque je me suis finalement remis à construire des sites web en 2006, le premier site que j’ai lancé auprès du public a rapidement gagné plus d’un million d’utilisateurs. Je l’ai vendu quelques mois plus tard.

Si seulement j’avais dit « non » quatre ans auparavant.

Oui n°3 :

Puis j’ai voulu passer à la télé.

Chaque fois que CNBC m’appelait, je répondais « oui ». Je laissais tout tomber et parcourais parfois plus de 100 km pour passer trois minutes à la télé.

Je m’asseyais près de la présentatrice qui restait plongée dans ses notes et ne les lâchait que 5 secondes avant de passer à l’antenne.

Elle disait (c’était toujours une femme) : « Redites-moi comment je dois prononcer votre nom… »

Je la regardais et lui répondais : « Elles…tou…chèrent. Mais vite. Elles touchèrent ». Elle riait encore lorsque l’antenne était à nous.

J’y suis allé deux fois par semaine pendant des années. Pour chaque passage de trois minutes il fallait compter cinq heures de porte à porte, y compris la préparation. Cela représente entre 1500 à 2000 heures de perdues, tout ça parce que je ne savais pas dire non.

Si, il y a une chose que j’ai apprise à propos des infos à la télé : un jour un producteur m’a avoué : « Tout ce que nous essayons de faire, c’est de remplir l’espace entre les pubs ».

J’ai dit « non » à quelque chose cette semaine.

J’ai commencé à prendre des cours de DJ il y a quelques semaines. Je voulais vraiment apprendre à mixer.

Puis j’ai pensé à la règle des 5/25 dont parle Warren Buffett.

Quelles sont les 25 choses que vous voulez faire dans votre vie ?

Prendre des cours de DJ, croyez-le ou pas, fait partie de ma liste des 25 choses à faire. J’adore la musique.

Warren Buffett ajoute alors : « A présent, prenez les 5 premières choses de cette liste et séparez-les des 20 dernières. Et ne regardez plus jamais les vingt dernières. »

Vous aimez ces 20 choses. Mais c’est justement PARCE QUE vous les aimez qu’elles vous détourneront toujours des 5 premières que vous ADOREZ.

J’adore : écrire, faire des podcasts, les comédies, ma famille, et les entreprises dans lesquelles je suis encore impliqué.

Voilà mon top 5.

C’est à ces cinq choses que je veux dire « oui ». J’ai donc dit « non » aux cours de DJ.

Un jour, lorsque j’étais beaucoup plus jeune, j’ai dit « oui » à une fille. Il m’a fallu des années et pas mal de cicatrices sur tout le corps pour finir par lui dire « non ».

Un jour, j’ai dit « oui » par cupidité lorsqu’on m’a proposé de faire partie d’un conseil d’administration. L’entreprise a fait faillite et le procès qui s’en est suivi n’a pris fin que bien des années plus tard.

Par deux fois j’ai dit « oui » pour acheter une maison. J’y ai tout perdu.

J’ai dit « oui » à 5000 cafés juste par courtoisie. Pour 4950 d’entre eux j’aurais mieux fait de rester chez moi à lire et à écrire.

J’ai dit « oui » à un éditeur pour un livre que je ne voulais pas écrire. J’étais flatté qu’on me le propose, je l’ai donc fait. Ce livre s’est vendu à 300 exemplaires et m’a pris une année de ma vie.

Le « oui » vous prend des années de votre vie que vous ne retrouverez jamais. Le « non » ajoute des années à la vie.

En ce moment j’ai 248433 mails non lus. J’ai commencé à dire « non » aux mails.

Je ne lis pas les journaux. Je ne vote pas. Je ne loue rien (uniquement sur Airbnb). Je ne paie pas de facture (à part Airbnb). Je ne passe pas de temps avec des gens toxiques.

Je n’ai pas d’assurance santé (trop compliqué à choisir). Je ne vais pas aux mariages. Je ne participe pas à beaucoup de conférences.

Au fil des ans, j’ai dit oui à l’achat de pas mal de choses, livres, œuvres d’art, jeux, objets de collection, meubles, etc. J’ai gaspillé mes « oui ».

J’ai fini par dire non à tout. J’ai fait le ménage. Je ne veux pas que mes enfants héritent d’un mauvais « oui. »

Je ne regrette rien. Parce que tout ce à quoi j’ai dit « oui » s’est transformé en leçon sur le « non ».

« Non » est votre outil pour vous tailler et vous sculpter en œuvre d’art. « Oui » est une façon de flamber et de vous consumer.

Vais-je publier cet article ?

Oui.

Et vous, quels sont vos 5/25 ?

James Altucher

 

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