Santé

N’utilisons-nous vraiment que 10% de notre cerveau ?

Ecrit par Nate Rifkin

L’une des questions les plus communes au sujet du cerveau humain est : n’utilisons-nous vraiment que 10% de ses capacités ?

C’est une idée très présente dans la culture populaire, et beaucoup de gens pensent aussi que si l’on pouvait activer les 90% restants, nous deviendrions des génies.

Un article de Scientific American sur le sujet citait Barry Gordon, neurologue à l’école de médecine Johns Hopkins. Selon lui, « le mythe des 10% est tellement erroné qu’il en est presque risible ». Je suppose qu’il a dit cela en partant d’un grand rire digne d’un savant fou…

La vérité pourrait donc bien être le contraire. Il est possible que vous utilisiez déjà 100% de votre cerveau… mais voici la bonne nouvelle : vous pouvez utiliser ces 100% nettement mieux.

Comment ?

Ma réponse : « Chan phut Thai dai nit noi krap. »

« Qu’avez-vous dit ? » me demanderez-vous sans doute.

Je clarifie donc…

Au cours des dernières semaines, j’ai étudié le thaï. Je viens de dire : « Je parle un peu le thaï. »

En accumulant des connaissances, et en se fixant des objectifs (comme par exemple en apprenant une nouvelle langue), nous pouvons utiliser notre cerveau à 100%, comme aujourd’hui, mais de manière plus puissante.

Les scientifiques du Center for Brain, Behavior and Cognition et du Center for Language Science de l’université de Penn State l’ont montré en apprenant une nouvelle langue à 39 volontaires pendant une période donnée. A la fin de cette période, les étudiants avaient « augmenté la densité de leur matière grise et l’intégrité de leur matière blanche ». Les matières grise et blanche sont des composantes essentielles du tissu cérébral. En d’autres termes : chaque sujet avait amélioré la qualité de son cerveau !

Lorsque l’on parle de l’apprentissage d’une langue étrangère, quelqu’un finit généralement par mentionner que les enfants sont nettement plus doués que les adultes. Au cas où vous vous apprêteriez à utiliser votre âge avancé comme excuse, sachez que ces 39 volontaires représentaient tous les groupes d’âges… seniors inclus.

Apprendre une nouvelle langue, ce n’est donc pas seulement pour les enfants !

En parlant d’activités soi-disant réservées aux plus jeunes, en voici une autre que vous ne devriez pas négliger : le travail.

Une étude sur plus de 429 000 travailleurs indépendants a prouvé que les individus qui prenaient leur retraite à 60 ans avaient un taux de maladie d’Alzheimer de 14% supérieur à ceux qui attendaient 65 ans. Chaque année de travail supplémentaire avait pour conséquence un abaissement du risque. Les scientifiques pensent que cette réduction est due aux efforts mentaux que le travail nécessite.

Mais revenons-en aux langues étrangères. Pour l’instant, je n’apprends que le thaï.

Cette langue a un alphabet totalement différent, donc quand j’écris quelque chose comme « khun narak mak », ce n’est pas vraiment du thaï, mais une retranscription de la sonorité des mots en anglais.

Disons que cela suffit à impliquer mon cerveau (et pour une première visite en Thaïlande).

Tout cela pourrait aussi m’aider à tenir la maladie d’Alzheimer à distance. Selon une étude effectuée en Inde, parler plus d’une langue offre environ cinq années de plus avant de développer cette maladie.

Peut-être pensez-vous : « Certes, mais peut-être est-ce dû au fait que les personnes qui apprennent des langues étrangères ont sans doute aussi une meilleure couverture médicale et viennent de familles plus riches. » Difficile de prouver le contraire, mais cette étude était la première à rapporter « un avantage bilingue chez les participants illettrés, ce qui tend à prouver que l’éducation à elle seule ne suffit pas à expliquer les différences observées ».

En d’autres termes, vous n’avez plus d’excuses.Vous avez la possibilité de garder votre cerveau en bonne santé, quels que soient votre âge ou vos origines sociales.

Choisissez une nouvelle langue, et commencez à l’apprendre. Vous serez sans doute plus motivé si c’est la langue d’un pays que vous souhaitez visiter. Dans mon cas, le thaï, pour la Thaïlande.

Pour obtenir des informations incroyables sur l’apprentissage d’une nouvelle langue de la part de quelqu’un qui joint le geste à la parole, renseignez-vous sur Benny Lewis. Il a écrit, en tant qu’invité, un article excellent sur le blog de Tim Ferris, ici, que Tim décrit comme étant le seul article concernant l’apprentissage des langues qu’il soit vraiment nécessaire de lire.

J’ai suivi sa recommandation et utilisé l’appli gratuite AnkiDroid pour faire des fiches de révision sur mon smartphone. Je peux ouvrir l’appli à tout moment et regarder mes mots. L’appli a même une super fonction qui me permet, une fois que j’ai l’impression d’avoir mémorisé quelque chose, de ne plus être testé à ce sujet pendant un moment, par exemple 30 jours. Je ne m’entraîne donc que sur les mots les plus difficiles.

Si vous avez toujours voulu apprendre une deuxième langue sans jamais oser vous lancer, utilisez cet avantage pour la santé de votre cerveau comme motivation pour passer à l’action. Et si vous êtes déjà bilingue… keng mak !

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Nate Rifkin

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